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Axel Vallée

Chargé de Projet, Délégation Interministérielle Axe Méditerranée-Rhône-Saône, France

L’innovation numérique dans la chaîne logistique : un outil pour accompagner la transition écologique au service du citoyen

L’activité portuaire se traduit par une massification des flux.
L’activité portuaire est source d’impacts positifs sur les emplois et le développement économique des territoires. Son essor, associé à une hausse constante du commerce maritime mondial, passe par la massification des flux et l’usage des conteneurs au sein du système portuaire méditerranéen, avec Marseille pour capitale. L’augmentation de la taille des navires (22 000 EVP) pose la question de leur accueil dans les villes portuaires et l’organisation de la chaîne logistique dans les hinterlands pour acheminer les marchandises. Le développement de l’activité portuaire ne peut se faire au détriment du développement durable.
Actuellement, le transport de fret se fait majoritairement par la route dans les grands ports européens, le mode routier représente jusqu’à 80% des marchandises arrivant ou quittant le port. Le risque de saturation des voies routières, et l’augmentation générale du trafic entraine une hausse de la pollution atmosphérique, surtout aux abords des villes. La logistique du dernier kilomètre représente ainsi 20% du trafic des villes et 25% des émissions de gaz à effet de serre. Dans les villes portuaires, l’activité portuaire est responsable de 15 à 20% des émissions de particules, même si des solutions sont à l’œuvre notamment avec le Gaz Naturel Liquéfié (GNL).

Il faut donc favoriser l’intermodalité des transports.
Pour protéger les citoyens des impacts négatifs de l’activité portuaire et logistique, le report vers des modes de transport plus « doux » (ferroviaire et fluvial) est nécessaire. On estime que le transport fluvial est 2,5 fois moins polluant que le transport routier. Certaines initiatives ont déjà été prises, comme le transport des matériaux de construction des infrastructures du « Grand Paris » par des barges sur la Seine pour éviter l’engorgement des voies routières de la capitale. A Lyon, les déchets urbains sont acheminés vers les centres de traitement par bateau. D’autres perspectives sont liées à l’échange des conteneurs vides et pleins entre les acteurs de la chaîne logistique.
Cependant, la flexibilité offerte par la route est forte et le report modal vers le ferroviaire et le fluvial reste faible. La situation se détériore même pour le trafic fluvial français qui diminue depuis 5 ans. Une des raisons en est le faible investissement dans ses infrastructures. En 2016, la France a investi trois fois moins que l’Allemagne dans ce secteur, alors que son réseau est deux fois plus grand. Un autre obstacle est la concurrence entre les entreprises clientes : alors que le transport ferroviaire et fluvial nécessite la mutualisation des marchandises, le mode routier se fait sur de petites quantités, presque individuellement. L’innovation numérique pourrait permettre de résoudre ce problème.

La « chaîne de blocs » pour simplifier la chaîne logistique multimodale : la blockchain, ou « chaîne de blocs » en français, est une nouvelle technologie de stockage et de transmission d’informations, qui peut présenter divers avantages pour le secteur logistique. D’abord, la blockchain permet la sécurité des données, le caractère partagé de la technologie empêche la falsification ou la modification d’informations déposées sur la chaîne. Ensuite, la blockchain fonctionne de manière totalement autonome, cette caractéristique permet une grande liberté d’entrée et de sortie du processus. Les acteurs présents sur la chaîne de blocs peuvent rapidement évoluer en fonction de leurs intérêts ; ils peuvent par exemple choisir de déposer plus ou moins d’informations. Enfin, cette technologie est distribuée, ce qui garantit sa transparence. La transparence des actions de chacun les rend ainsi responsables de la marchandise, lorsque celle-ci entre en leur possession. Cette innovation est un outil qui permet le partage de données entre acteurs aux intérêts parfois divergents, mais que le partage d’information peut aider.
La blockchain apporte donc un gain de temps et optimise les moyens de transport. Elle permet de rapprocher les acteurs d’une même chaîne logistique et de réduire considérablement leur empreinte écologique et leurs coûts de transports. Cette technologie économiserait 20% des coûts du transport maritime international.
A ce titre, la délégation interministérielle va mettre en place une expérimentation sur l’axe Méditerranée-Rhône-Saône d’ici la fin de l’année 2018 afin de mesurer concrètement les impacts économiques et écologiques de cette technologie.

Biographie

Axel Vallée rattaché auprès du délégué interministériel, est chargé de projet au sein de la Délégation Interministérielle au développement de l’axe portuaire et logistique Méditerranée-Rhône-Saône.
Diplômé d’un Master en Analyse des politiques économiques, son expérience dans le domaine des “think tank” l’a amené à étudier l’impact de la transformation numérique et les politiques publiques qui l’accompagnent. A travers les missions qui lui sont confiées, dont la coordination de groupes de travail constitués de 200 membres, la rédaction de notes, il accompagne également le délégué interministériel dans sa mission.
D’autre part, Axel Vallée pilote l’expérimentation d’une blockchain sur la chaîne logistique Méditerranée-Rhône-Saône, demandée par le Premier Ministre lors du Comité Interministériel de la Mer en novembre 2017.