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Patrick Lambert

Directeur Général, Communauté urbaine de Dunkerque, France

Le Dunkerquois : un territoire industriel, énergétique et portuaire qui se réinvente.

Plate-forme industrielle et portuaire de premier plan, pôle énergétique majeur, le Dunkerquois garde une forte spécificité productive, structurant le territoire dans son développement, son aménagement et son identité. Cette situation se caractérise par une double dépendance, d’une part à l’égard de grands groupes industriels de stature internationale et, d’autre part, à l’égard de l’énergie carbonée.
Aujourd’hui, le système est bouleversé par les transitions économiques, écologiques et sociales, tout comme il l’est par ses conséquences sur l’environnement et la qualité de vie des Dunkerquois. C’est donc bien la totalité de l’écosystème territorial qui se trouve interrogé par les puissantes transitions qui sont à l’œuvre et dont les effets se trouvent démultipliés dans un territoire où ville, port, industrie et énergie font symbiose.
Les acteurs locaux ambitionnent de transformer durablement le Dunkerquois par un modèle original de transition environnementale, économique et sociale, à partir de la capitalisation de l’existant industriel et énergétique en tant que levier d’action principal.
Il s’agit de démontrer la capacité d’un territoire à se transformer et à accélérer l’émergence d’un nouveau modèle de développement à la pointe de l’innovation et de la sobriété énergétique. Cette innovation territoriale permet de viser et d’atteindre non seulement la performance écologique, la performance sociale, mais aussi et surtout la performance économique.
L’écosystème qui conduit cette transformation fait du Dunkerquois le laboratoire d’innovation des territoires qui répond aux enjeux des mutations industrialo-portuaire.
Pour réduire la vulnérabilité du territoire, il convient tout d’abord de repenser son rapport aux ressources tant dans leur production et leur gestion que dans leur utilisation par les particuliers et les entreprises. C’est donc tout le cycle énergétique qui doit être redéfini de façon à être innovant, sobre, sûr et durable. Relocaliser l’approvisionnement en ressources permettrait notamment de réduire la dépendance du Dunkerquois aux aléas extérieurs et de poser les fondations de l’économie circulaire sur le territoire.
La diminution des nuisances environnementales et la prévention des risques pour la santé des habitants sont des ambitions fortes du projet. L’amélioration de la qualité de l’air est une condition essentielle du processus de transition du territoire. Viser et garantir pour tous les Dunkerquois un air sain et respirable implique en outre la mobilisation de l’ensemble des acteurs pour adopter des stratégies d’émission responsables.
Le rapport au carbone constitue également une force et un moteur de transformation territoriale. Bien que pouvant difficilement prétendre au zéro-carbone à court terme, les expérimentations et innovations conduites ont néanmoins démontré la possibilité d’imaginer un territoire industriel post-carbone à plus long terme. Assurer un ancrage local permet non seulement de préserver l’environnement et de lutter contre le changement climatique en réduisant l’empreinte carbone, mais également de promouvoir de nouvelles façons de concevoir et d’utiliser la ressource.
Réduire la vulnérabilité du territoire implique également de placer la responsabilité sociale et environnementale au cœur de la stratégie de développement. La création de nouvelles activités au service de la transition énergétique nécessite la mise en place de structures telles qu’un parc d’innovation dédié à l’énergie ou une communauté entrepreunariale. La démarche imaginée dans le projet est d’agglomérer les fonctions de formation académique, de recherche, d’incubation, d’accélération de projets et de démonstrateur technologique.
Dès lors que les mutations sont profondes, les synergies entre innovations technologiques et citoyens irriguent l’ensemble de la démarche. Capitaliser sur les possibilités offertes par les innovations numériques autour de la transition énergétique et environnementale actionne de nouveaux leviers. Par ailleurs, l’acceptabilité sociale de ces changements repositionne les habitants au cœur des projets et fait naître un dialogue social permanent.
Pour créer un écosystème local favorisant les échanges, il est nécessaire de mettre en place une gouvernance originale et une animation facilitant l’émergence de projets.

Biographie

Directeur général de la Communauté urbaine de Dunkerque depuis 2013, Patrick LAMBERT, diplômé de l’Ecole polytechnique, est ingénieur général des Ponts, des Eaux et Forêts. Après avoir occupé différents postes au sein des services du ministère de l’équipement durant une dizaine d’années, il fut successivement directeur de l’aménagement au Port autonome de Dunkerque (1995-2000), directeur général du Port autonome de la Guadeloupe (2000-2003) puis directeur général adjoint de Voies navigables de France jusqu’à son arrivée à la CUD en 2011 comme délégué général Ville et Environnement. Sa bonne connaissance du système portuaire et du monde des transports, maritimes et fluviaux notamment, lui permet, dans le cadre de ses fonctions actuelles, de bien appréhender les problématiques de l’interface ville-port, tant en matière d’aménagement territorial que sur le plan économique et social. Avec le directeur général du Grand port maritime de Dunkerque, il est l’un des acteurs du processus de transition du territoire dunkerquois.